
On peut toujours compter sur les Britanniques pour associer sport et convivialité, sans oublier bien sûr, la troisième mi-temps. En 1938, un groupe d'officiers de sa Très Gracieuse Majesté en cantonnement en Malaisie, eurent l'idée de visiter le pays où ils étaient contraints de stationner ... en courant. Ils lancèrent donc une course où deux "lièvres" (en anglais
hares) devaient marquer un parcours de reconnaissance - en y glissant quelque fausses pistes - avant d'être rattrapés par la meute (
hounds). Le Hash House Harriers ou HHH ou plus simplement, Hash (rien à voir avec la substance illicite, quoique), était né. Comme c'était l'époque où le soleil ne se couchait jamais sur l'Empire Britannique, nos vaillants
tommies essaimèrent dans toute l'Asie du Sud Est, en Australie et bien sûr, en Inde. Dimanche dernier, nous avons donc été intronisés par le Hash de Hyderabad. De nos jours, quelques aménagements ont été pratiqués même si l'esprit reste le même. Nous sommes partis en convoi d'Hyderabad à une dizaine de voitures, direction le nord ouest de l'état, à la frontière avec le Karnataka où se trouve la ville historique de Bidar. Là, chacun pouvait choisir de courir ou de marcher. Des familles avec quelques enfants en bas âge étaient même de la balade. Le parcours des joggeurs était de 13 km, celui des marcheurs de 7,5, ce qui n'est déjà pas une sinécure car le temps que nous arrivions tous sur place et que la caravane se mette en route, le soleil était déjà à son zénith. On a beau être en hiver, en plein midi, il fait vite 28 à 30°. Le but de la randonnée était le fort de Bidar, une citadelle en pierre rouge datant du XVè siècle. Et bien sûr, avant d'atteindre le lieu de rassemblement, il a encore fallu grimper une volée de marches de 40 cm de hauteur. Finalement, tout le monde est arrivé à bon port, les lièvres, la meute et ... les bières. Car pour vous donner une idée de ce qui s'en est suivi, la devise du Hash d'Hyderabad, c'est : "Drinking People with a Running Problem". Éric et moi ainsi que deux autres Français, une Iranienne, un Gallois et deux Anglais avons ensuite été intronisés nouveaux "hashers". Le Grand Maître nous a demandé de nous présenter et nous avons eu droit à une chanson d'accueil différente selon notre pays,
chanson paillarde, bien entendu. Puis sur l'injonction "down, down, down", l'équivalent de notre "et glou, et glou, et glou", nous avons dû boire notre godet de bière d'une traite en nous versant les dernières gouttes sur la tête. Un baptême païen en quelque sorte...