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vendredi 28 mai 2010

Dans la famille Kapoor, je voudrais ...

Cette chronique Bollywoodienne ne serait pas complète si je n'évoquais pas ceux sans qui rien ne serait possible, je veux parler bien sûr, des acteurs-danseurs-chanteurs.  Car en Inde, les artistes sont complets, ne se contentant pas de jouer dans un registre particulier mais sachant passer de la comédie à la tragédie, tout en chantant et dansant avec le même professionnalisme. Le concept d'acteur n'a donc pas grand chose à voir avec ce que nous connaissons ici.  A Bollywood, trois films sont produits par jour  (!) et la première chose qui m'a frappée quand j'ai commencé à m'intéresser au cinéma indien dans les médias, c'est la répétition de certains patronymes. J'ai constaté et cela m'a été confirmé, qu'il existe  en Inde de véritables dynasties d'acteurs, et j'en ai conclu à des preuves de népotisme dans le milieu du cinéma exactement comme chez nous avec les Deneuve-Mastroianni,  Depardieu, Cassel, etc. Cependant, à la lecture de certaines biographies, il semble que le phénomène soit plus important ici. Prenons par exemple, le cas des Kapoor. Le premier de la lignée, Raj Kapoor, était la plus grande vedette des années 50 et 60. Dans son arbre généalogique, on compte une vingtaine d'acteurs et d'actrices et aujourd'hui la quatrième génération est représentée par Ranbir Kapoor, l'acteur qui monte, et ses cousines, Karisma et Kareena Kapoor, cette dernière, présente dans tous les magazines où elle truste de pleines pages de publicité et la rubrique people. Elle est en effet fiancée à Saif Ali Khan, le dernier rejeton d'une autre célèbre famille d'acteurs, celle des Tagore-Pataudi. Enfin un des petits-fils de Raj Kapoor a épousé la sœur aînée de l'immense star, Amitabbh Bachchan, disons le Belmondo indien mais qui lui, tourne toujours. Son fils, Abishek Bachchan, acteur lui aussi, brille surtout parce qu'il est marié à Aishwarya Rai, ex Miss Monde, top model, actrice et ambassadrice d'une grand marque de cosmétiques, que l'on a pu voir récemment à Cannes, parce qu'elle le vaut bien... Bon, il existe tout de même quelques électrons libres, orphelins de cinéma. Le plus célèbre d'entre eux est sans conteste, Shah Rukh Khan ou SRK (les Indiens adorent les acronymes) que les Français peuvent voir en ce moment sur les écrans. En effet, des Khan, il en existe plein d'autres dans le cinéma indien mais lui seul peut dire : " My name is Khan". 
Si le sujet vous intéresse, je vous conseille d'aller voir . Merci Sally & François pour l'emprunt de la photo.

mercredi 26 mai 2010

Bollywood, bouffe et boxon

Contrairement à chez nous où aller au cinéma procède souvent d'une envie de dernière minute, les Indiens s'y préparent à l'avance et s'en font une fête. Il faut d'abord réserver sa place, parfois plusieurs jours à l'avance pour la sortie des films événements. Pour cela, on doit se déplacer aux guichets ou, pour les plus modernes, réserver en ligne sur des sites comme BookMyShow.  Les places sont alors attribuées selon le principe de premier arrivé, premier servi, en remplissant la salle du haut vers le bas. Quand vous tentez quand même le coup de vous présenter sans réservation, vous vous retrouvez, comme Lilie et moi, au deuxième rang à droite, des décibels plein les oreilles, l'envie de vomir pendant certaines scènes d'action, et bien sûr un torticolis assuré surtout quand votre voisin de derrière vous tombe dessus en pleine séance (véridique). Mais bon, comme après plusieurs mois en Inde, on apprend la patience et la zen attitude, on finit par accepter des conditions que jamais, ô grand jamais, on n'aurait acceptées avant. Première différence, comme chacun est supposé avoir son ticket, contrôlé par des ouvreuses (ici plutôt des ouvreurs), l'installation prend au bas mot une demie heure après que le film a commencé. Autre sujet d'étonnement pour nous, la présence de familles entières, des grands-parents aux tout-petits, que le film soit violent ou pas. La notion d'interdiction aux mineurs ne semble pas exister, du moins à ma connaissance, pas plus que celle du baby-sitting. Quand on va au cinéma, on emmène mémé et le petit dernier encore dans ses langes. D'où, en plus du brouhaha des conversations, quelques hurlements ou vagissements. A mi-film, parfois bien amenée, parfois au beau milieu d'une scène cruciale, c'est l'entracte ou "intermission" comme l'affiche l'écran. Au retour, après les dix minutes de réinstallation de la salle, on a les odeurs en prime car tout le monde en a profité pour s'acheter son pot de pop corn ou mieux, son samosa. Pendant le film, les commentaires vont bon train, les répliques fusent et comme les Indiens sont souvent très pudiques, certaines scènes d'amour sont couvertes par de grands éclats de rire. Et encore, je ne connais pas les petits cinémas de quartier ou paraît-il, les spectateurs du balcon invectivent ceux du parterre et vice-versa ! Enfin, quand la séance est sur le point de s'achever et que vous êtes plongé dans la dernière scène de ce grand-film-d'amour-qui-finit-mal, vous constatez éberlué que vos voisins sont déjà tous debout et se dirigent vers la sortie ! Quand je pense qu'en France, je râle quand on me cache le générique ...     

mardi 25 mai 2010

C'était la dernière séance

La veille du départ de Lilie d'Hyderabad, nous avions décidé de nous faire une toile. C'est vrai que depuis 6 mois que j'habite ici et malgré mon engouement pour les films de Bollywood et tous les potins qui vont avec, je n'en avais pas encore pas eu l'occasion. Nous avons donc opté pour la séance de midi d'un grand cinéma de Jubilee Hills qui entre parenthèses, n'a rien à envier à nos multiplexes. Nous étions un vendredi, jour de sortie des nouveaux films et ce vendredi-là, du très attendu "Kites" avec le sublimissime Hrithik Roshan. Il faut dire que Hrithik, le chéri des  teen-agers en leggings et de leurs mères en sari, c'est un peu un croisement entre Alain Delon période "La Piscine" et Sylvester Stalone. On a toutes envie de se plonger dans ses yeux verts et encore, les photos ne lui rendent pas hommage, il est beaucoup plus sexy quand il bouge. L'actrice principale n'est pas mal non plus, c'est une superbe belle plante mexicaine dont on se demande comment elle n'a pas encore été repérée par Hollywood, je la verrais bien dans le prochain James Bond, mais bon, ce que j'en dis... Elle s'appelle Barbara Mori et entre nos Romeo et Juliette, les scènes d'amour sont torrides. Le film a d'ailleurs déclenché une polémique en Inde car jugé trop "hot" par les ligues bien pensantes. Il faut préciser ici que jusqu'à très récemment, les héros Bollywoodiens ne s'embrassaient pas sur les lèvres et  mimaient encore moins l'acte sexuel, le comble de l'érotisme étant de danser un pas de deux avec des poses parfois suggestives.  Quant aux scénaristes, ils avaient dû étudier Corneille ou Shakespeare à l'école  car  le plus souvent, ils mettaient en scène des amoureux contrariés par un père intraitable ou un cruel rival. Dans Kites, les amants sont tout aussi malmenés mais cette fois par de très méchants sur fond de casino à Las Vegas, de sorte qu'on est plus près du blockbuster efficace à l'américaine que du masala movie. L'avantage pour nous de ce genre de film c'est qu'entre action et passion, on arrive à comprendre facilement, même si les dialogues sont un tiers en hindi, un tiers en anglais, et un tiers en ... espagnol et tout ça, bien sûr sans sous-titres ! J'avais prévu de parler de l'ambiance dans la salle mais cela fera l'objet d'un second billet. So long ! Hasta luego ! Namskaar !