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jeudi 28 janvier 2010

Suite française

Quand on me demande ce que l'on ressent quand on rentre en France après une aussi longue absence, je réponds rien, on est chez soi après tout, c'est un peu comme de retrouver ses pantoufles. Enfin presque. Voici une semaine que le bus Air France nous a déposés Éric et moi Gare Montparnasse. Nous nous sommes précipités dans un bistro, j'avais une envie folle de petit noir et de croissants. Plus tard, dans une brasserie typiquement parisienne, j'ai commandé une entrecôte bleue avec des frites et un ballon de Brouilly. Je suppose que c'est à cela que l'on se sent français. Ma tête était toujours en Inde, sur mon balcon à observer mes voisines étendre leurs saris à même le sol ou brosser leurs longs cheveux noirs avant de les natter, mais mon corps était en France et avait faim de ce dont il avait été privé. Nous sommes rentrés pour renouveler nos visas et notre retour dépend du bon vouloir de l'administration indienne. Sur le site de l'ambassade, pour l'instant, une ligne en anglais dit que notre demande est en cours d'évaluation. Alors, en attendant le précieux sésame, Éric est reparti bosser et moi je suis retournée "chez ma mère". Enfin, avant de quitter Paris, j'avais rendez-vous avec une amie au Café Madeleine et auparavant, j'ai eu le temps de faire un tour à la Pinacothèque pour savourer l'expo sur les peintres flamands du XVIIè, une époque que j'affectionne particulièrement. Observer les bulles de rosée et les petits insectes courant sur les feuilles d'un camélia d'une petite toile de De Heem, qu'on peut regarder pour une fois à 50 cm de son nez, quel régal ! Ensuite, cap sur le Sud, où le choc thermique est encore important si l'on considère les 28° que nous avions en Inde mais au moins le soleil est au rendez-vous. Avec Maman, nous sommes allées au cinéma, la première fois pour voir une bluette sans intérêt où tout est archi téléphoné avec un Hugh Grant plus grimaçant que jamais, et la deuxième, pour le dernier film des frères Coen. Pas mal mais un peu déconcertant pour la goy que je suis. J'ai dîné avec ma jolie et surbookée sœur qui m'envie ma liberté et moi sa réussite professionnelle. Ah, j'oubliais, face aux nombreuses heures d'avion et de train en perspective, je me suis enfin décidée à lire le premier tome de Millenium qui, sans m'emballer, a le mérite de me tenir en haleine. Maman et moi avons abandonné mon père devant ses matchs à la télé du salon pour regarder des policiers sur celle de sa chambre. Je n'ai pas eu la motivation nécessaire pour regarder le show présidentiel (en Inde, je n'ai vu qu'une fois sa photo dans la presse en deux mois et j'avoue que ça nous fait des vacances) et tout ce que j'ai retenu de ma lecture du Midi Libre le lendemain c'est qu'on va devoir attendre encore un peu avant de prendre sa retraite. Allez mes chers compatriotes, courage et bonne journée !

vendredi 11 décembre 2009

Kate, Vicky, Hugh & I

Lors de nos premières soirées "mondaines" à Hyderabad, la première chose que j'ai remarquée, c'est le nombre impressionnant de journalistes présents. J'ai pensé à toutes les conférences de presse que j'avais organisées et pour lesquelles je m'étais démenée comme une bête pour susciter un semblant d'intérêt de la part des médias, et me suis dit in petto dommage que je n'ai pas été attachée de presse dans ce pays ! Passé cet instant de surprise, quand vous vous prenez un énorme flash dans la figure parce que personne ne vous a prévenu qu'il ne faut JAMAIS se mettre au premier rang, vous commencez à vous tortiller sur votre chaise. Et lorsque vous essayez de savourer un solo de saxo ténor de ce tentet de jazz allemand (si, si ça existe) invité à se produire par le Goethe Zentrum, et que votre attention est parasitée par le 450è clic-clic d'un super reflex numérique, vous vous dites que des journalistes trop zélés, ça peut lasser. A la deuxième ou troisième soirée, vous commencez à ne plus vous étonner du nombre de photographes balayant la scène et le public de leurs objectifs ni à vous dire que les PR locaux ont bien fait leur job, ça devient normal. Aussi, lorsque je me suis retrouvée prise pour cible d'un paparazzi un peu trop insistant lors du concert de chants de Noël de l'Alliance Française, je n'y ai pas trop prêté attention. Pourtant, j'aurais dû me méfier quand Isabelle, la présidente de l'association des expats, m'a dit qu'un photographe de "You & I" lui avait demandé mon nom. Aujourd'hui, je vais faire mes courses à la supérette du coin et en tête de gondole, je trouve le fameux hebdo pipole local. Arrivée à la maison, je le feuillette et que vois-je ? Ma bobine sur papier glacé dans les pages "Around town" du magazine. Pas au milieu d'un groupe, non, en vignette avec mon prénom en guise de légende. Et quelques pages plus loin, je m'aperçois que Kate Hudson, Victoria Beckam, Hugh Grant et Leo Dicaprio ont visiblement intrigué auprès de leurs agents respectifs pour pouvoir partager la vedette avec moi ...

vendredi 4 décembre 2009

Toute première fois

Je sais, je devais vous parler des courses au supermarché mais, désolée, les mots ne viennent pas. A la place, je vous fais partager ma découverte du jour, ce séjour en Inde me fait l'effet d'une véritable cure de jouvence. Mieux que le botox, plus efficace que les injections à l’acide hyaluronique (si, si, ça existe), les soupes detox ou la méditation transcendentale, le secret c'est : rompre avec la monotonie de sa vie. Ici, depuis trois semaines, je fais des choses que je ne me serais plus cru capable de faire et je vis des toutes premières fois à la pelle. Prenez hier, je me suis retrouvée dans un quartier populaire et particulièrement animé, au milieu d'une manif d'étudiants (si vous voulez savoir pourquoi, elle en parle mieux que moi) et j'ai sorti mon Nikon de poche pour shooter comme si je flairais le scoop du siècle (dans chaque communicant, il y a un journaliste qui sommeille...). Plus tard, G. est venue me chercher en scooter (!) et nous avons fendu la foule pour foncer vers le General Bazar. G. a l'âge de mon fils, j'ai donc celui d'être sa mère, mais je vous assure qu'elle et moi sur notre deux-roues, c'était mieux qu'une pub du Comptoir des Cotonniers. Elle m'a entraînée dans une veritable caverne d'Ali Baba, quatre étages de tissus de rêve où elle achète des coupons de coton et de soie pour se faire confectionner sari et shalwar kameez, ces très pratiques et élégants ensembles pantalons, tunique trois-quart et étole (dupatta). Je m'en suis acheté un, tout blanc, avec des broderies et petits miroirs sur le décolleté, so chic ! Je vais le mettre demain soir pour la soirée blanche organisée par l'association d'expats. Pour l'occasion, je suis allée chez le coiffeur ce matin, deux heures (!) aux mains de Sai, un joli garçon comme ils le sont souvent ici, formé chez L'Oréal. Une demie-heure rien qu'au shampooing dont la moitié de massage crânien, le rêve... Et comme on est malgré tout rentré dans la période de l'Avent (je ne parle pas du temps qu'il fait ici, eu égard à ce que vous vivez...), mercredi soir, je suis allée écouter des chants de Noël. Une chorale d'Indiens parsemée de quelques occidentaux, les femmes en saris, les hommes en sherwani assortis, mettant toute la ferveur de leur Foi à entonner "Silent Night" ou "Joy to the World", j'en avais des frissons dans le dos. Vraiment, chéri, je me sens rajeunir !

mercredi 2 décembre 2009

Desperate (Indian) Housewife

Hier, nous avons aménagé dans notre nouvel appart. Après trois semaines passées à buller dans notre superbe hôtel, avec un personnel pléthorique constamment à nos petits soins, je commençais à ne même plus savoir ouvrir une porte ! Le temps de régler la caution et un mois de loyer d'avance, et Éric est reparti bosser me laissant avec les bagages. L'appartement me rappelle ceux de ma grand-mère en Espagne dans les années 70-80. Des pièces très larges et lumineuses, murs blancs, faux marbre au sol, lourdes portes en bois et des meubles robustes de style disons, rustique campagnard. Comme dit mon petit mari, on fera comme lorsqu'on était jeunes, on n'aura qu'à mettre des tissus indiens sur le canapé et les murs, ça tombe bien, on est en Inde... Il faut aussi que je trouve des bâtons d'encens ou des bougies parfumées pour cacher l'odeur de naphtaline dont j'ai trouvé des boules partout, et il ne me restera plus qu'à inviter Ravi Shankar. Je me suis ensuite attelée à faire l'inventaire de la vaisselle que j'avais réservée. En guise de verres, nous avons des timbales en fer blanc et à la place des verres à fruit que j'avais cochés sur la liste sans trop savoir, ... des chopes de bière. Les assiettes sont en mélamine blanc comme dans les dînettes, et j'ai découvert avec la plus grande perplexité certains ustensiles. Dommage que ma copine B. ne soit pas là pour m'expliquer... Et encore, je n'ai pas pris le chapathi making board. Je dois dire aussi que les Indiens (enfin le gérant de la résidence, ne généralisons pas) n'ont pas vraiment le sens pratique. Dans le salon, on trouve d'un côté de la porte-fenêtre des prises et de l'autre, le bureau scellé dans le mur et ... sans prise. Les placards de la cuisine sont si étroits que les assiettes ne rentrent pas dedans, et le menuisier n'a pas pensé à ajouter des étagères ce qui fait qu'on ne peut rien y mettre. Dans l'ensemble, je n'ai pas eu de mauvaises surprises à part une cuvette de toilettes déscellée qui fuit mais on m'a promis un plombier demain (No problem, M'am) et un néon de cuisine grillé mais l'électricien sera là demain, promis juré (No problem, M'am). Je ne voudrais pas choquer certains de mes lecteurs par des propos que l'on pourrait taxer de néocolonialisme mais d'après ce que j'entends autour de moi, ici plus qu'ailleurs, les promesses n'engagent que ceux qui les croient. Une dernière chose qui m'a fait sourire, c'est que toute la journée sous un prétexte ou un autre, j'ai eu droit à un défilé de jeunes garçons pieds nus et rigolards. Pour venir m'apporter la table à repasser ou régler les chaînes de télé, ils viennent à trois ou quatre à chaque fois, leurs yeux noirs et brillants furetant partout. Allez, la prochaine fois, je vous raconte mes courses au supermarché.

samedi 21 novembre 2009

Un cours qui fait recette

Le vendredi c'est cours de cuisine au Novotel. Enfin, cours est un bien grand mot. Deux Chefs Indiens (ni Cochise ni Geronimo) officient derrière leur piano et une vingtaine de dames, assises sur des tabourets hauts, les regardent préparer des plats. En fait, c'est plutôt le dernier salon où l'on cause. La classe est très dissipée et papote à qui mieux mieux dans un sabir international où l'anglais (langue véhiculaire) et le français (langue la plus représentée) dominent. Le grand Chef essaie d'expliquer à son auditoire agité les subtilités de la recette du jour, le macher johl, une spécialité benghalie à base de darne de poisson non identifié. J'essaie de me concentrer car il n'est pas facile à comprendre, et pour être tout à fait franche, les bavardages de mes trois voisines m'intéresse aussi. Au début, ça va, en gros, c'est comme chez nous. On lave et on sèche les darnes, on les enduit de farine et d'ail et on les fait frire jusqu'à ce qu'elles brunissent. Jusque là tout va bien. C'est après que ça se corse, c'est le cas de le dire, car on doit ajouter à la préparation du cumin, du coriandre, de l'oignon, encore de l'ail, de la pâte de gingembre et, puis du saunf, du kalonji, du masala. Comme disent mes voisines, la difficulté ce n'est pas tant de refaire les recettes une fois chez soi, c'est de trouver les épices. Car la cuisine indienne, c'est hot, hot, hot, qu'on se le dise. Enfin, là, le Chef avait dû tenir compte de nos palais délicats d'occidentales car le poisson était délicieux et not too spicy, pour une fois. En dessert, il nous a concocté des balushashi, sortes de beignets pour anorexiques car avant de les plonger dans l'huile bouillante, il convient de les tremper dans un sirop composé de 1 kg de sucre pour 1 kg de ghee ou beurre clarifié. Quand vous les saisissez dans vos doigts, l'huile et le sucre dégoulinent de conserve mais le résultat est étonnamment bon. Je ne sais pas pourquoi, tout à coup, une image s'est imposée à moi, à la place Chef du Novotel, j'ai vu Maïté à la télé préparant ses foies gras et ses salmis de palombe...

mercredi 18 novembre 2009

Du côté des petites filles

Au Charminar, l'attraction ce fut nous. Hyderabad a beau receler quelques joyaux architecturaux, elle est un peu oubliée des circuits touristiques en Inde du Sud qui se concentrent plutôt sur les côtes. Située au centre, sur le plateau du Deccan, elle ne manque pourtant pas de charme avec son riche passé islamique. Car quoique capitale d'un état peuplé à 95% d'hindous, elle est restée très musulmane. Le Charminar, édifié à la fin du 16è s. par le dernier roi de la dynastie des Qutb Chahi, abrite la plus vieille mosquée de Hyderabad, et est visité par de nombreux pèlerins. Nous avons du reste demandé notre chemin à des Indiens qui se sont presque excusés de n'être que des touristes comme nous, mais venus de l'état voisin du Karnataka. Autant dire que des Occidentaux blancs, on n'en voit guère ici et quelle n'a pas été ma surprise quand le père d'une petite fille a demandé à Eric si elle pouvait poser avec moi ! Personnellement, je photographie rarement les gens sans leur autorisation, et quand il m'arrive de le faire, à la dérobée, je me sens toujours un peu coupable. Mais là, de la petite fille ou de moi, je ne sais pas laquelle était la plus ravie. Ensuite, sa maman, qui portait le hicham mais n'avait pas le visage couvert, a souhaité m'être présentée. Je lui ai serré la main, elle m'a dit son nom - qu'hélàs je n'ai pas retenu - et je lui ai dit le mien. L'échange s'est arrêté là car elle ne parlait pas anglais et elle était plutôt intimidée. Du Charminar, nous sommes passés au Laad Bazaar tout proche. Nous étions samedi et des groupes de femmes faisaient leurs emplettes. J'ai été frappée par le nombre de musulmanes portant la burqa. C'est d'autant plus notable ici qu'elles cotoient dans la rue des hindoues qui elles, arborent des saris ou des salvar kameez multicolores. Il me semble que plus elles sont jeunes plus elles sont couvertes. Seule une fente laisse entrevoir leurs yeux émergeant de tout ce noir. Les petites filles de 8-10 ans qu'elles tiennent par la main portent des petites robes colorées et des rubans dans les cheveux et n'hésitent pas à vous dévisager en riant de toutes leurs dents. Je les imagine dans quelques années emmurées à leur tour et alors mon cœur se serre.

dimanche 15 novembre 2009

Ces merveilleux fous du volant

Nous avions donné rendez-vous au chauffeur affecté par la boîte d'Éric, à midi. Je précise ici qu'on ne joue pas aux nouveaux riches, mais pour des raisons de sécurité, conduire nous est interdit. Notre homme s'est pointé avec vingt minutes de retard, ce qui semble être la norme ici. De toute façon, nous n'étions pas pressés, c'était le premier jour de congé d'Éric depuis notre arrivée et nous avions hâte de découvrir enfin la ville. Nous avons pris place à l'arrière de la voiture où la clim marchait à fond et la ceinture de sécurité bien présente mais cassée. Qu'à cela ne tienne, c'est l'aventure, ai-je pensé. Je dois dire que j'ai déjà voyagé en Asie et en Afrique, mais la conduite en Inde c'est, comment dire ? quite an experience. La circulation y est totalement folle. Voitures, auto-rickshaws, motos, mobylettes, vélos, piétons se croisent, se dépassent, se frôlent, chacun poursuivant inexorablement son but et imposant sa loi à l'autre à grands coups de klaxons. Il n'existe que quelques feux tricolores, la plupart emboutis, et des policiers à quelques carrefours qui ont beau jouer du sifflet et froncer les sourcils derrière leurs ray-ban, ils n'impressionnent pas grand monde. Cela donne une impression d'un énorme chaos, sans règles ni lois mais où des codes tacites doivent exister car ... ça marche. Le covoiturage est aussi une pratique courante ici et il n'est pas rare de croiser une moto avec le père au guidon, le mère en amazone - sari oblige - et au milieu deux enfants dont un bébé d'à peine un an. Quant aux rickshaws censés transporter trois personnes derrière le chauffeur, ils abritent souvent une famille entière de cinq ou six personnes. Notre chauffeur roule prudemment et j'ai noté qu'il mettait son clignotant très longtemps à l'avance. Il ne s'énerve jamais mais a choisi comme sonnerie de portable un bruitage de verre cassé... pour conjurer le sort ? Au bout d'une heure, il nous a déposés au pied du Charminar, le plus important monument d'Hyderabad (j'y reviendrai) et c'est avec soulagement que nous avons mis le pied hors de l'habitacle. C'était sans se douter que ce serait pire dehors car là on devient ... piéton. Le temps de réaliser qu'en Inde, on roule à gauche et de penser à tourner la tête du côté d'où vient le danger, et j'avais déjà failli me faire renverser trois fois. Malgré ces émotions fortes, c'est à cet instant précis que je me suis dit in petto Cette fois, on y est !

jeudi 12 novembre 2009

Une fille complètement timbrée

Tous ceux qui connaissent les Indiens vous le diront, ils ont le défaut de leur qualité principale, la gentillesse : ils ne savent pas dire non. Ajouté à cela que nous résidons dans un hôtel raffiné où nous croisons à longueur de journée un personnel souriant et aux petits soins, qui vous ouvre la porte, vous pousse votre chaise et est à l'affût de vos moindres désirs. Jeunes gens en uniforme blanc ou jeunes filles en sari aux couleurs sobres, tous vous gratifient de leur plus beau sourire et, croisant les mains sur la poitrine, vous susurrent des "namaste" infinis. Autant dire que quand j'ai demandé un timbre pour l'Europe à la réception, je ne m'attendais pas à ce qui s'en est suivi. Bien sûr, il m'a d'abord été proposé de leur remettre la lettre que l'hôtel se ferait un plaisir de poster pour moi mais, bêtement, j'ai insisté pour coller un "vrai" timbre sur l'enveloppe. Après moultes discussions entre eux, ils sont tombés d'accord sur un affranchissement de 40 roupies. J'ai donc sorti un billet de 100 Rs de mon sac, ce qui les a encore mis dans l'embarras car il est clair qu'ils auraient préféré le rajouter à ma note. Mais justement, celle-ci étant remboursée par la boîte de mon mari, je n'y tenais pas. Le réceptionniste est parti avec mon billet et est revenu 20 minutes plus tard au bas mot avec mes timbres et la monnaie, ce qui ne m'a pas dérangée vu que j'étais plongée dans un livre passionnant. Lorsque j'ai vu la kyrielle de timbres qu'il me rapportait, je me suis demandée où diable j'allais pouvoir écrire l'adresse sur l'enveloppe mais, consciente de l'avoir déjà suffisamment mis dans l'embarras, je n'ai pas pipé mot. Dix minutes plus tard, mon charmant interlocuteur est revenu avec une facture en bonne et due forme que j'ai dû signer. Il m'a montré la ligne débit correspondant à la vente de mes timbres et celle du crédit prouvant que je les avais bien payés (apparemment, la notion de facture acquittée ne semble pas leur parler). Moralité de l'histoire, j'aurais dû réfléchir avant de demander !

mercredi 11 novembre 2009

La grippe H1N1 ne passera pas par l'Inde

A notre arrivée dans le flambant neuf aéroport Rajiv Gandhi d'Hyderabad, nous avons été accueillis par une cohorte d'employés arborant tous un magnifique ... masque vert. Dans l'avion, les hôtesses de la Lufthansa nous avaient remis un questionnaire - vert lui aussi - nous demandant si nous n'étions pas porteurs du virus H1N1 ou susceptibles de l'avoir contracté. A la question "avez-vous récemment voyagé dans une des zones affectées par le virus ?", nous avons jugé prudent de répondre non. Or, dans la liste des pays déjà touchés mentionnée dans ledit document, la France figurait en bonne place. J'avais une réponse hypocrite toute prête : et bien, non, nous n'avions pas voyagé ni traversé stricto sensu ce pays vu que nous y habitions. De toute façon, la vue du bataillon de médecins présents, la présence des appareils radiologiques sur place (!) et la menace de "quarantine" répétée sur tous les panneaux suffisait à nous persuader de faire profil bas. Moi qui sentais un rhume poindre à cause de la clim de l'avion, j'ai réfréné toute envie d'éternuer ou de sortir un kleenex. Bon, on l'aura compris, l'Inde peuplée d'un milliard d'habitants dont 7 millions juste ici, à Hyderabad, capitale de l'Andra Pradesh, ne veut pas de grippe et on la comprend. Il n'en demeure pas moins que cette arrivée sous haute surveillance au milieu de tous ces yeux noirs vous fixant par dessus leur masque avait un côté surréaliste. Et dire que c'est la première image que je retiendrai de notre arrivée en Inde !